Dimanche, 05 Avril 2026 15:02
ESS - ESBA
Le choc du maintien pour l’Entente
L'ES Sétif se trouve à la croisée des chemins. Ce match contre Ben Aknoun est bien plus qu'une rencontre de football ; c'est un test de résilience pour une institution historique du football algérien.
Dans une saison où chaque point est arraché de haute lutte, l'Entente n'a plus le droit à l'erreur. Le football, dans sa dimension la plus pure et la plus cruelle, se résume souvent à des instants de bascule. Pour l’Entente sportive de Sétif, ce moment est arrivé. Alors que la Ligue 1 Mobilis entame son sprint final, le club phare des Hauts Plateaux se prépare à vivre une soirée électrique au stade 8-Mai-1945.
La réception de l’ES Ben Aknoun, dans le cadre de la 25e journée du championnat, n’est plus une simple formalité de calendrier : c’est un véritable «match du maintien», une confrontation aux allures de finale où l’erreur n’est plus une option. Après une trêve internationale et technique de plus de deux semaines, les Sétifiens retrouvent la compétition avec un mélange d'appréhension et de détermination. La pause a été longue, peut-être trop pour certains, laissant le temps aux doutes de s'installer après une série de résultats décevants. Les récents revers essuyés loin de leurs bases, notamment face à l’ASO Chlef et l’USM Alger, ont laissé des traces indélébiles dans le moral des troupes et dans le classement.
Si l’on se penche sur la calculatrice, l’Entente dispose encore d’un matelas de sécurité par rapport à ses poursuivants immédiats, tels que le Paradou AC, le MC El Bayadh ou l’ES Mostaganem. Cependant, dans le football algérien, les certitudes comptables s'évaporent rapidement. Le danger de voir le spectre de la relégation se rapprocher est bien réel. A Sétif, l’équation est désormais d’une simplicité brutale : il faut gagner pour respirer. Les coéquipiers de Mohamed Hamek sont conscients qu’un succès devant leur public agirait comme un puissant anxiolytique, libérant les énergies pour la fin de saison. A l'inverse, un faux pas transformerait les dernières journées en un véritable chemin de croix.
Le public attendu en force
Dans cette quête de survie et de rédemption, le stade 8-Mai-1945 doit impérativement retrouver son statut de citadelle imprenable. Historiquement, ce gazon synthétique a été le théâtre des plus grands exploits de l'Aigle noir. Aujourd'hui, il doit redevenir ce territoire hostile pour les visiteurs. Le portier Zakaria Saïdi, l'un des cadres du vestiaire, ne s'y trompe pas. Lucide sur la situation, il a martelé que seule la victoire compte. Pour lui, prendre les trois points est le seul moyen de relancer la machine et d'aborder l'ultime ligne droite avec la sérénité nécessaire. Les supporters, exigeants mais passionnés, attendent une réaction d'orgueil de la part de leurs protégés.
Amrouche : «On ne doit céder aucun point chez nous»
A la barre technique, Lotfi Amrouche ne ménage pas ses efforts. Conscient que son équipe joue gros, le coach a haussé le ton durant la préparation. Son message est clair et sans équivoque : «On ne doit céder aucun point chez nous». Pour le technicien sétifien, la réception de Ben Aknoun doit marquer le début d'une série victorieuse. Amrouche a insisté sur la rigueur tactique et la concentration mentale, soulignant que chaque détail, chaque duel, chaque ballon perdu pourrait avoir des conséquences dramatiques au décompte final.
Il se méfie particulièrement de l’ES Ben Aknoun. Malgré leur dernier revers, les banlieusards algérois disposent d'un bloc solide, capable de poser d'énormes problèmes en contre-attaque. Amrouche a prévenu ses joueurs contre tout relâchement ou excès de confiance. Pour lui, ce match est le test de caractère ultime pour un groupe qui a parfois montré des signes de fragilité psychologique à l'extérieur.
Un bilan en clair-obscur pour le successeur de Sredojevic
Nommé il y a environ deux mois pour succéder à Milutin Sredojevic, Lotfi Amrouche s'apprête à vivre son cinquième test sur le banc. Jusqu'ici, son parcours ressemble à des montagnes russes. Capable du meilleur à domicile (victoires probantes contre le MBR et l’ESM), l'équipe semble perdre ses moyens dès qu'elle franchit les limites de la wilaya de Sétif (défaites à Chlef et Alger).
L'ancien entraîneur de l’Olympique Akbou sait que sa légitimité se joue en partie sur cette rencontre. La trêve lui a permis de mieux cerner les forces et les faiblesses de son effectif, d'affiner ses schémas de jeu et de tenter d'instaurer une organisation plus cohérente. Il veut prouver que l'Aigle noir peut encore voler haut et que les débuts prometteurs de son mandat n'étaient pas qu'un simple feu de paille.
Hamek et Zerrouki en fers de lance
Pour forcer le destin, Amrouche compte s'appuyer sur des hommes en forme et des retours stratégiques. Dans l'entrejeu, la sentinelle ghanéenne Salifu devrait voir le retour à ses côtés de Daïbèche. Ce duo aura la lourde tâche de stabiliser le milieu, d'assurer une récupération rapide et de projeter le jeu vers l'avant avec précision.
L'animation offensive sera le nerf de la guerre. Mohamed Hamek, dont le volume de jeu et la vision sont précieux, semble tenir la corde pour débuter en tant que meneur de jeu. Il est en concurrence directe avec l'expérimenté Akram Djahnit, mais la fraîcheur de Hamek pourrait faire pencher la balance. En pointe, la responsabilité de faire trembler les filets incombera à Zerrouki. Ce dernier, qui nourrit l'ambition de terminer parmi les meilleurs buteurs du championnat, devrait retrouver son instinct de tueur devant le but. Après une période de disette, le public attend de lui qu'il porte l'attaque sétifienne et qu'il soit le détonateur de la victoire.
W. D.
