Modifier la taille du texte :

USMA - Ils enregistrent une autre défaite à Béchar

Les Rouge et Noir dans la tourmente

Rien ne va plus à l’USMA. Après une nouvelle défaite concédée samedi à Béchar face à la JS Saoura (2-1), l’équipe s’enfonce un peu plus dans une crise profonde qui couvait depuis plusieurs semaines déjà.

Ce second revers consécutif, après celui subi à domicile contre la JS Kabylie, a mis en lumière la fragilité de l'équipe, tant sur le plan technique que mental. Depuis l’élimination amère en ½ finale de la Coupe de la CAF face au CS Constantine, les Rouge et Noir n'ont jamais réussi à redresser la barre. Les espoirs nourris en début de saison, portés par un effectif de qualité et un nouvel élan managérial, se sont évanouis sous le poids des contre-performances. Aujourd’hui sixième au classement avec 33 points, l’USMA voit ses ambitions s'effondrer comme un château de cartes. Le titre de champion n’est plus qu’un lointain désir et même une place sur le podium semble désormais compromise, au grand désespoir des supporters du club. Sur le terrain, l'équipe est méconnaissable. Les enchaînements sont laborieux, les erreurs défensives se multiplient et l'inefficacité offensive coûte cher. Certains cadres peinent à assumer leur rôle de leader et la jeune garde n’arrive pas à combler les manquements. A cela s’ajoute un manque flagrant d’envie et de caractère qui déçoit profondément un public habitué à voir son équipe lutter jusqu’à la dernière minute. En coulisses, la situation est tout aussi inquiétante. De plus en plus de voix s’élèvent contre la direction du club, particulièrement le président Athmane Sehbane. Accusé d’avoir fait de mauvais choix stratégiques, de ne pas avoir su construire un projet sportif cohérent et d’être déconnecté des attentes des supporters, le boss est aujourd’hui en première ligne des critiques. Certains groupes de fans réclament ouvertement son départ, estimant que son mandat a plongé le club dans une instabilité qui pourrait avoir des conséquences à long terme. A la crise sportive s'ajoute également une crise de confiance. Le divorce semble consommé entre les joueurs et une partie du public qui n'hésite plus à exprimer sa colère dans les stades et sur les réseaux sociaux. Dans un climat aussi délétère, difficile d’imaginer un redressement rapide sans des décisions fortes et courageuses. Le club, autrefois modèle de stabilité et de réussite, est désormais à la croisée des chemins. A quelques journées de la fin de la saison, l’USMA joue gros, il s'agit non seulement de sauver les apparences en terminant honorablement le championnat, mais aussi de préparer un renouveau qui tarde à se dessiner.

Eviter une crise structurelle

Le risque est grand de voir l'USMA sombrer dans une crise structurelle si les erreurs ne sont pas rapidement corrigées. A l’heure actuelle, un sursaut d’orgueil est attendu. Il faudrait plus qu’une simple réaction sur le terrain, un projet clair, des décisions fortes et une vraie écoute des attentes populaires s’impose. Faute de quoi, le club de Soustara pourrait s’enfoncer durablement, bien loin de son glorieux passé.

Paqueta vers la sortie ?

Arrivé le 16 février en succession à Nabil Maâloul, l’entraîneur brésilien, Carlos Paqueta, n’a pas réussi à redresser la barre de l’USMA. Malgré une qualification précieuse en finale de la Coupe d’Algérie, les résultats en championnat restent largement en dessous des attentes. Engagé jusqu’à la fin de la saison, le technicien pourrait être remercié dans les prochaines heures. Son passage, marqué par des prestations décevantes et une équipe en perte de repères, n'a convaincu ni les dirigeants ni les supporters. Pour beaucoup d’entre eux, le choix de Paqueta apparaît aujourd’hui comme une véritable erreur de casting. A l’heure où l’USMA joue son avenir sur plusieurs fronts, la direction envisage sérieusement de tourner la page pour insuffler un nouvel élan en cette fin de saison décisive.

Sans les internationaux face à l’ASO

L’USMA devrait composer sans plusieurs de ses cadres dans son match de mise à jour du championnat prévu le 30 avril face à l’ASO. En effet, le club de Soustara sera privé des services de Benbot, Azzi et Chetti, convoqués en sélection nationale A’ pour disputer la double confrontation officielle contre la Gambie, comptant pour les éliminatoires du CHAN 2025. Les trois joueurs ont rejoint hier le Centre technique national de Sidi Moussa, où l’équipe nationale locale a entamé son stage de préparation sous la houlette du sélectionneur national, Madjid Bougherra. Cette convocation, bien qu’honorable pour les joueurs et l’USMA, arrive à un moment délicat pour le club algérois qui lutte pour consolider sa position au classement et qui devrait disputer un match important sans ces éléments clés. L’absence de Benbot, pilier dans la cage, d'Azzi en défense et de Chetti sur le flanc gauche représente un véritable casse-tête pour le staff technique. Face à une formation de l’ASO Chlef toujours difficile à manœuvrer, l’USMA devrait trouver des solutions internes pour pallier ces absences de taille.

Likonza, l'ombre de lui-même

Depuis le début de la saison, Likonza incarnait l'une des valeurs sûres du milieu de terrain de l'USMA. Bosseur infatigable, récupérateur efficace, projection intelligente vers l'avant, le Congolais avait su imposer son empreinte, devenant un véritable pilier dans l'entrejeu algérois. Mais depuis l'arrivée de Carlos Paqueta à la tête de l'équipe, le constat est sans appel : Likonza n’est plus le même joueur. Ses prestations, autrefois solides et rassurantes, se sont peu à peu effritées. Le milieu congolais semble en perte de repères, moins impactant dans les duels, moins inspiré dans ses choix de passes. Le changement de philosophie instauré par Paqueta n'est sans doute pas étranger à cette baisse de régime. Avec l'ancien entraîneur Maâloul, Likonza évoluait dans un registre de récupération intense et de transitions rapides, un style qui collait parfaitement à ses qualités naturelles. Or, avec Paqueta, l'USMA prône davantage un jeu de possession, plus posé, plus réfléchi, un style qui semble brider les qualités instinctives du Congolais.

K. H. A.

Imprimer