Mardi, 15 Juin 2021 09:28
Neghiz monte au créneau :
«A chaque fois qu’on relève la tête, on cherche à nous casser»
C’est dans la douleur que le MCA a réussi à renouer avec la victoire en battant la JSS sur la plus petite des marges, après avoir subi tout le poids du match. L’entraîneur Nabil Neghiz l’a d’ailleurs reconnu dans ses déclarations à la presse à l’issue de la rencontre.
«C’est une victoire précieuse et difficile. On a fait face à une bonne équipe de la JSS qui joue les premiers rôles depuis plusieurs années. On savait que si on arrivait à les battre, ça serait dans la difficulté, et c’est ce qui s’est produit du reste. Nous leur avons donné la possibilité de prendre possession du ballon car on savait que nous n’avons pas les armes nécessaires pour attaquer. Et comme on l’avait projeté, on a marqué sur une balle arrêtée. On a bien résisté derrière. On aurait aimé inscrire un deuxième but sur contre, mais ça n’a pas été le cas. Ça reste néanmoins une victoire précieuse après avoir subi tout le poids du match. Cela va permettre aux joueurs de se remettre en confiance et de se rendre compte qu’il faudra des sacrifices pour espérer gagner un match», a-t-il dit d’emblée.
«Nous sommes affectés sur le plan moral»
Dans les milieux mouloudéens on a pourtant fait la fine bouche après ce succès intervenant suite à près de 40 jours sans la moindre victoire. On a notamment critiqué la manière de jouer des protégés de Neghiz, non sans pointer du doigt ce dernier pour avoir opté pour la défense à outrance. Réagissant à ces critiques, le coach dira : «Tout le monde connaît la situation que nous traversons. Ce n’est pas aussi simple de viser les victoires quand on est atteint psychologiquement. Dans ce match, on avait un seul but, à savoir la victoire. On ne peut pas aspirer à développer un beau jeu quand on est affecté sur le plan moral. Le beau jeu revient dès lors que les joueurs reprennent confiance en eux-mêmes. Et cela ne peut se produire sans les victoires. Cela dit, on a fait de bons matchs dernièrement à Constantine, à Médéa et face au RCR chez nous. Malgré cela, nous n’avons pas gagné. Face à la JSS, nous étions tenus par l’obligation de résultat car une autre contre-performance aurait enfoncé davantage le club dans la crise. Je salue mes joueurs qui ont fait des sacrifices sur le terrain pour parvenir à garder leur avance, contrairement à ce qui avait été le cas lors des deux précédentes rencontres.»
«Certains n’aiment le MCA que lorsqu’ils sont dedans»
Les supporters espèrent qu’après ce succès, le Doyen peut envisager un nouveau départ dans la course au podium, puisque ses chances de disputer la carte du titre sont devenues très minimes pour ne pas dire nulles. Mais le patron technique des Vert et Rouge se montre pessimiste dans ce registre. Et pour cause, il déplore le climat malsain régnant autour de l’équipe, faisant en sorte que certains s’empressent de la casser à chaque fois qu’elle essaye de relever la tête. «Je ne peux pas vous garantir un nouveau départ après cette victoire précieuse. On s’est malheureusement habitués qu’après chaque bon résultat, certains de l’intérieur du club s’empressent de nous casser. Je ne connais pas leurs véritables visées, mais personnellement, ce qui m’importe le plus, c’est que je suis en train de faire mon travail avec bonne foi. J’ai la conscience tranquille car je suis venu pour servir le MCA. Ceux qui cherchent toujours à nous déstabiliser, je les laisse à leur conscience. Certains aiment le Mouloudia que lorsqu’ils sont dedans, une fois partis ou sortis, ils se retournent contre l’équipe. Evidemment, parce qu’ils aiment le Mouloudia pour leurs intérêts personnels. Cela dit, je profite de l’occasion pour lancer un appel en direction de la famille mouloudéenne. Je lui demande de s’unir autour de son club. D’œuvrer pour qu’il devienne un véritable club professionnel. Tout le monde sait qu’à partir de 2022, il n'y aura de place dans le haut niveau international que pour les clubs disposant de licence Pro, reconnue par la Fifa et la CAF. J’espère que le MCA sera le premier club algérien à avoir ce privilège. Mais pour ce faire, il faudrait réunir les conditions exigées», a-t-il indiqué.
«Qu’on ferme le dossier des joueurs renvoyés»
Evoquant la suite du parcours et les capacités de son équipe à sauver sa saison en terminant au moins sur le podium, Neghiz n’a rien voulu promettre. A ses yeux, la mission est devenue de plus en plus compliquée après la mise à l’écart de cinq joueurs, rendant son champ de manœuvres très réduit. «Ce sera très difficile de faire face au marathon de rencontres qui nous attend. Il faut reconnaître que je n’aurais désormais pas beaucoup de choix en matière d’effectif. Ceux qui insistent pour faire jouer les jeunes, je leur rappelle que depuis dix ans, aucun entraîneur au MCA n’a donné l’occasion à autant de jeunes pour se produire en équipe fanion. J’ai même aligné certains en Ligue des champions, tels que Rahmani, Dahlal et Abdellaoui. D’autres joueurs, comme Bessa, Boukerma et Benyahia, ont également eu du temps de jeu en équipe première. Pas moins de dix éléments de l’équipe réserve prennent part aussi à nos séances d’entraînement. A ce propos toujours, je n’arrive pas à comprendre à ce jour comment l’ex-direction du club a pu se passer des services de très bons jeunes qui étaient dans l’équipe réserve la saison passée, à l’image de Merezigue, parti au CRB et qui est convoqué en sélection nationale des locaux. Il y a aussi un autre joueur qui a rejoint l’USMA, alors qu’on aurait pu tirer profit de leur énorme potentiel. Ça reste vraiment une énigme», a-t-il déploré.
«Certains cherchent toujours ma tête»
Evoquant justement l’effectif en place, Neghiz est revenu sur l’affaire des cinq joueurs renvoyés, démentant avoir entamé des démarches auprès de la direction du club pour les réintégrer au sein du groupe. «Certains cherchent toujours ma tête. Ils ne ratent aucune occasion pour rapporter des mensonges à mon propos afin de me faire mal. C’est le cas avec ce dossier des joueurs renvoyés, en allant dire sur les réseaux sociaux que je suis intervenu auprès de la direction pour les faire revenir. Je le répète encore une fois, je n’ai plus rencontré Addadi, Rebaï, Allati et Bensaha depuis le match de Constantine. Concernant Bourdim, quand il est venu s’entraîner avec nous, je lui ai interdit de le faire sur décision de la direction. Certes, sur le plan technique, l’équipe est très affectée par le sort réservé à ces joueurs, mais en tant qu’entraîneur, je me dois de respecter la décision de la direction. Alors qu’on tourne une fois pour toute la page de ces joueurs», s’est-il insurgé.
A. B.
